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Désirer ardemment le Ramadan – I

Désirer ardemment le Ramadan – I

Désirer ardemment le Ramadan – I

Il convient de reconnaitre et d’apprécier les grandes faveurs d'Allah, le Très-Haut, à notre égard. Parmi celles-ci, se trouvent les vertus supérieures de certaines périodes de l’année et la possibilité de L’adorer davantage.

L’imam Ibn Rajab, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit : 

« Allah a fait en sorte que certains mois aient un mérite supérieur à d'autres, tout comme Il a rendu certains jours et certaines nuits plus méritoires que d'autres. Un exemple de cela est qu'Il rend la Nuit d'Al-Qadr (la nuit du destin au cours de laquelle les choses sont décrétées) meilleure que mille mois. Aussi, Allah a juré par les dix premiers jours du mois de Dhul-Hijjah, afin d’en refléter la vertu. »

Chacune de ces périodes méritoires est associée à certains actes d'adoration et formes spécifiques d'obéissance à Allah. Bienheureux est celui qui utilise ces périodes, ces mois, ces jours ou ces heures, pour se rapprocher de Lui.

Mohammed ibn Maslamah, qu’Allah soit satisfait de lui, a narré que le Prophète (Salla Allahou Alaihi wa Sallam) a dit : 

« Parmi les jours d'Allah il y a des périodes de miséricorde. Exposez-vous-y donc, car peut-être que l'un d'entre vous obtiendra une partie de cette miséricorde et ne souffrira plus jamais après cela. » (Al-Tabarani)

Mujâhid, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit : 

  • « Chaque nouveau jour qui arrive s'adresse aux enfants d’Adam en disant : ‘Ô fils d’Adam ! Je suis venu à toi, en ce moment, pour ne jamais revenir. Par conséquent, réfléchis à ce que tu fais pendant mon séjour. Une fois qu'il est terminé, il est replié et scellé et le restera, jusqu'à ce qu'Allah ouvre le sceau, le Jour de la Résurrection'. »

  • « Ô fils d’Adam ! Un nouveau jour est ton invité et chaque invité finit par partir, soit avec des éloges, soit des reproches contre toi et tes nuits font de même.»

Bakr Al-Muzani, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit :

« Chaque nouveau jour appelle en disant : ‘Ô fils d’Adam, utilise-moi (pour faire le bien), car peut-être n'auras-tu pas de jour après moi et les nuits disent la même chose ! »

Une fois, trois hommes sont venus voir le Prophète (Salla Allahou Alaihi wa Sallam) et ont embrassé l'islam. Ils sont ensuite partis et sont restés avec Abu Talhah, qu’Allah soit satisfait de lui. Plus tard, le Prophète (Salla Allahou Alaihi wa Sallam) a envoyé ces hommes dans un groupe de combattants à une bataille et l'un d'eux est mort en martyr. Par la suite, le Prophète (Salla Allahou Alaihi wa Sallam) a envoyé les deux autres dans un autre groupe de combattants à une autre bataille au cours de laquelle un autre des trois est mort en martyr. Ultérieurement, le troisième est mort chez lui.

Après cela, Abu Talhah, qu’Allah soit satisfait de lui, a dit : 

«J'ai vu ces trois hommes dans un rêve et j'ai vu qu'ils étaient tous au Paradis. Le chef des trois était le dernier, celui qui est mort dans son lit, chez lui, suivi du deuxième martyr, tandis que le premier à être mort en martyr était le dernier. Je suis alors allé voir le Prophète (Salla Allahou Alaihi wa Sallam) et je l’ai informé de mon rêve.

Il (Salla Allahou Alaihi wa Sallam) a dit : 

‘Es-tu surpris par l'ordre dans lequel ils ont accédé au Paradis ? N’est-ce pas que le dernier est resté un an de plus, durant lequel il a jeûné le mois de Ramadan et a accompli telles et telles prières ?’

Il lui a été répondu : ‘Oui’

Il (Salla Allahou Alaihi wa Sallam) a dit : 

‘La distance qui les sépare (au paradis) est équivalente à celle qui sépare les cieux et la Terre.’»

Certains des Salaf (les Pieux Prédécesseurs des trois premières générations de la communauté musulmane) ont dit :

« La prière vous emmène à la moitié de la (distance) de la route, le jeûne vous conduit à la porte du Souverain (c'est-à-dire Allah) et la charité vous emmène par la main en Sa présence (c'est-à-dire à l'obtention de Sa satisfaction). »

Toutes mes excuses à toi, ô Ramadan ! Tu avais l'habitude de rencontrer des personnes qui s’étaient préparées à te rencontrer, comprenaient tes secrets et appréciaient ta réalité. Elles attendaient ainsi ton arrivée et se préparaient pour toi en priant, en jeûnant et en accomplissant d'autres actes d'adoration. Elles suppliaient Allah pendant six mois, avant ton arrivée, qu'Il leur permette de vivre assez longtemps pour profiter de ta période bénie. Elles suppliaient ensuite, pendant le reste de l'année, pour qu'Allah accepte les actes qu'elles avaient accomplis pendant ton séjour.

Elles disaient : 

«Ô Allah ! Fais-nous vivre assez longtemps pour atteindre le Ramadan, et accepte (les actes que nous y accomplissons) de notre part.»

Ces personnes appréciaient que tu viennes leur apprendre à s'élever au-dessus de la conduite animale qui consiste à avoir pour objectifs principaux de manger, de boire et de satisfaire ses désirs sexuels. Elles réalisaient que tu venais pour leur apprendre à se dépouiller de leurs désirs.

Un jour où, 'Abdur-Rahmân ibn 'Awf, qu’Allah soit satisfait de lui, jeûnait, deux types de nourriture lui ont été apportées au moment de rompre son jeûne. Quand il a vu cela, il s'est mis à pleurer. Sa femme lui a demandé pourquoi il pleurait.

Ce à quoi il a répondu : 

« Je me suis souvenu du jour Mus'ab ibn 'Umayr, qu’Allah soit satisfait de lui, est mort. Rien n'a pu être trouvé pour l'envelopper (dans un linceul), à l’exception d’un petit vêtement (c’est-à-dire qu’il était trop court pour envelopper complètement son corps). Lorsque nous couvrions sa tête, ses pieds étaient exposés et quand nous couvrions ses pieds, sa tête était découverte. Cependant, aujourd'hui, je savoure ces types de nourriture et je crains que nous n'épuisions toute notre part de plaisirs en en profitant maintenant.»

Ô Ramadan ! Mais aujourd'hui, qui rencontres-tu, en arrivant ? Tu rencontres des gens dont l'opinion qu’ils ont de toi est que tu es un mois de faim et de soif pendant la journée ainsi que d’estomacs bourrés pendant la nuit. Ce sont des gens qui pensent à toi comme à un mois pour cuisiner des plats variés en quantités scandaleuses. Ce sont des gens dont les préparatifs pour te rencontrer ne sont rien d'autre que de se ravitailler en nourriture et en boisson. C'est comme si tu venais seulement leur apprendre l'art de cuisiner et de préparer des repas sous des formes variées.

Toutes mes excuses à toi, ô Ramadan ! Tu avais l'habitude de rencontrer des personnes qui veillaient la nuit pour adorer, lorsque tu étais là. Elles comprenaient que tu es une période remplie de mérites et en conséquence, elles sacrifiaient tout au cours de ton passage. Ils avaient entendu la Parole d'Allah (sens du verset) : «[Le Ramadan] est un nombre limité de jours [...]» (Coran 2/184). Ces gens ne souhaitaient certainement pas se priver (des bénédictions) de ces quelques jours.

Lorsque tu les regardais, ils pleuraient, debout dans les prières nocturnes surérogatoires, insouciants de cette vie et de ce monde. Leur principal souci étant l'au-delà. Ils tournaient le dos à cette vie et ils se prosternaient et suppliaient, ne plaçant leur espoir qu'en Allah.

Safwan ibn Salîm, qu’Allah lui fasse miséricorde, accomplissait la prière nocturne surérogatoire, jusqu'à ce que ses veines soient saillantes et que leur couleur verte devienne apparente.

'Umar ibn Al-Khattab, qu’Allah soit satisfait de lui, a pleuré à tel point qu'il y avait deux lignes permanentes gravées sur son visage.

'Abdullah ibn Al-Fudhayl, qu’Allah lui fasse miséricorde, a entendu un verset qui l'a fait s'évanouir et tomber : c'était la Parole d'Allah (sens du verset) : 

« Si tu les voyais, quand ils seront placés devant le Feu. Ils diront alors : ‘Hélas ! Si nous pouvions être renvoyés (sur la terre), nous ne traiterions plus de mensonges les versets de notre Seigneur et nous serions du nombre des croyants.’ »(Coran 6/27)

La Parole suivante d'Allah s’applique certainement à ces gens (sens du verset) : 

« Ils s’arrachent de leurs lits pour invoquer leur Seigneur, par crainte et espoir ; et ils font largesse de ce que Nous leur attribuons. Aucun être ne sait ce qu’on a réservé pour eux comme réjouissance pour les yeux, en récompense de ce qu’ils œuvraient ! » (Coran 32/16-17)

Ô Ramadan ! Mais aujourd'hui, qui rencontres-tu, en arrivant ? Ce sont des gens misérables dont le seul souci, pendant la nuit, est le divertissement et la frivolité. Ce sont des gens insensés qui ont abandonné les prières et qui occupent leur temps à regarder des chaines de télévision par satellite. Ce sont des gens paresseux, dont certains ne s'efforcent que de prier huit Rak'ah (unités de prière) de Tarawih (prière nocturne du Ramadan) avec l'imam, puis qui quittent la mosquée, en s’en vantant, comme s'ils avaient accompli leur devoir cultuel et toutes leurs autres responsabilités envers Allah. Ce sont des gens au cœur dur qui, bien qu’ils entendent réciter le Coran, jour et nuit, ont des cœurs qui ne frémissent pas et des yeux qui ne versent jamais de larme.

Ô Ramadan ! Pardonne-nous ! Nos cœurs sont devenus durs et nos yeux sont secs. Nous ne ressentons plus la douceur de l'obéissance envers toi, ni la beauté de l'adoration.

Toutes mes excuses à toi, ô Ramadan ! Tu avais l'habitude de venir à des gens qui étaient des frères, sans aucune relation de sang. C’étaient des gens qui avaient réalisé la valeur de la fraternité. Ils avaient compris sa signification et ils en remplissaient les droits. Ils avaient parfaitement compris la parole du Prophète (Salla Allahou Alaihi wa Sallam) quand il a dit : « Un musulman est le frère de son coreligionnaire musulman. »

Ils étaient comme un seul corps. Les personnes âgées étaient miséricordieuses envers les jeunes et ces derniers honoraient les premiers. Ils vivaient des vies compatissantes et se traitaient les uns les autres avec amour. Ils vivaient en harmonie et n'avaient ni haine, ni envie, ni rancune. Ils souffraient de la souffrance de leurs frères et s'efforçaient de répondre à leurs besoins.

Une fois, un homme est venu à Ibn 'Abbâs, qu’Allah soit satisfait de lui, et l'a trouvé, résidant dans la mosquée, pendant I'tikaf (retraite pieuse des 10 dernières nuits du Ramadan). Il lui a demandé de l'aider à combler un besoin. Ibn 'Abbâs, qu’Allah soit satisfait de lui, s’est alors levé pour l'accompagner et l'aider, mais les gens lui ont dit : « Tu es au milieu de ton I’tikaf ! Comment peux-tu partir ?»

Il a répondu : 

« Il est préférable pour moi (c'est-à-dire plus méritoire) d'accompagner mon frère, dans le but de combler l’un de ses besoins, que de rester en I'tikaf pendant deux mois complets dans la mosquée du Prophète (Salla Allahou Alaihi wa Sallam).»

Ô Ramadan ! Mais de nos jours, tu ne rencontras que des gens qui ont remplacé la fraternité par l'inimitié, et l'amour par la haine. C'est comme s'ils n'avaient jamais entendu la parole suivante du Prophète (Salla Allahou Alaihi wa Sallam) : 

« Les actes sont élevés à Allah tous les lundis et jeudis, et Il pardonne à tous, sauf à deux qui ont un différend entre eux. Il sera dit : ‘Laissez ces deux-là, jusqu'à ce qu'ils se réconcilient’. »

Tu ne trouveras, de nos jours, que des gens dont le sens de la fraternité, ainsi que le lien établi entre eux par Allah, a diminué. Ils ne réagissent pas lorsqu’une calamité frappe leurs frères musulmans à travers le monde. Ils ne sont pas émus lorsque leurs sœurs sont violées ou que leurs droits sont transgressés. C'est comme s'ils n'avaient jamais entendu la parole du Prophète (Salla Allahou Alaihi wa Sallam) : 

« Celui qui ne se sent pas concerné pas les soucis des autres musulmans n'est pas l’un des leurs. »

Tu ne trouveras de nos jours que des gens qui ne connaissent presque rien de leur voisin de palier.

Toutes mes excuses à toi, ô Ramadan ! Ce sont nos blessures et c'est la réalité dans laquelle nous vivons !

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