Le comportement des musulmans décrits par des historiens occidentaux I

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Nous consacrerons donc un article en deux parties à la description élogieuse du comportement des musulmans à travers l’histoire par des historiens occidentaux :

C’est lorsque nous lisons les livres des orientalistes ou des voyageurs occidentaux, et notamment ceux qui parmi eux sont objectifs et justes, que nous prenons vraiment la pleine mesure du fait que notre Oumma est « la meilleure de toutes les communautés humaines ». En effet, certains non-musulmans saisissent des caractéristiques et spécificités positives de notre communauté que nous-mêmes ne voyons plus tellement nous y sommes habitués. En fait, notre regard et celui des réformateurs de l’Islam sont focalisés sur les défauts de la Oumma et sur ce qui va mal en son sein, et ce, dans le but de trouver des solutions à ces problèmes et difficultés. Ainsi, la majorité des musulmans ont complètement oublié que notre civilisation – et notamment à l’époque de son âge d’or – était considérée par les autres comme ayant réussi à créer un véritable paradis sur terre.

Les documents et sources ayant traité de cette question sont très nombreuses, de même que de nombreuses recherches ont été consacrées à ce sujet, par conséquent nous avons choisi de nous appuyer sur certaines de ces sources en essayant de les diversifier et notamment en termes de période et des différents aspects du comportement.

La justice et l’égalité :

Le fameux homme et de lettre et philosophe anglais Thomas Carlyle a dit sur l’Islam la chose suivante : « Il existe dans l’Islam une qualité que je considère être comme l’une des plus nobles et belles, il s’agit de l’égalité entre les individus, cela est la preuve d’une vision vraie et juste, c’est ainsi que l’âme du croyant domine dans tous les pays du monde, il est donc indéniable qu’en Islam les individus sont tous égaux. Par ailleurs, l’Islam ne se contente pas de faire de l’aumône quelque chose de souhaitable, mais il en fait une obligation absolue pour tous les musulmans, c’est là l’une des règles fondamentales de cette religion ; cependant, celle-ci est déterminée selon les moyens et richesses de chacun, cela doit correspondre à un quarantième des biens de quelqu’un, cette aumône est ensuite donnée aux pauvres, indigents et malheureux. Par Dieu, cela est d’une grande beauté ! C’est là la voie pure de l’humanité, la voie de la miséricorde, de la fraternité et de l’égalité qu’on entend émaner du cœur de ce grand homme que fut Mohammed, ce fils du désert ».

Les grandes vertus des musulmans :

Les grandes vertus des musulmans ont été évoquées par un penseur, juriste et islamologue français du nom de Dominique Sourdel, voici ce qu’il nous en dit : « Il est impossible de nier que l’Islam permet la pratique concrète de réels vertus et notamment celle qui ont trait à la vie sociale, c’est là une réponse aux appels faits dans le Coran, ces appels apparaissent comme des conseils divins, ils semblent être un prolongement de la piété, cela est bien montré notamment dans le verset suivant : « La bonté pieuse ne consiste pas à tourner vos visages vers le Levant ou le Couchant. Mais la bonté pieuse est de croire en Allah, au Jour dernier, aux Anges, au Livre et aux prophètes, de donner de son bien, quelqu’amour qu’on en ait, aux proches, aux orphelins, aux nécessiteux, aux voyageurs indigents et à ceux qui demandent l’aide et pour délier les jougs, d’accomplir la prière et d’acquitter la Zakât. Et ceux qui remplissent leurs engagements lorsqu’ils se sont engagés, ceux qui sont endurants dans la misère, la maladie et quand les combats font rage, les voilà les véridiques et les voilà les vrais pieux » (Coran 2/177). En conséquence, l’entraide, l’hospitalité, la générosité, le respect des engagements pris à l’égard des autres membres de la société, la modération dans les désirs ou encore la sobriété sont toutes des vertus par lesquelles se distinguent les musulmans, elles incarnent une exemplarité réelle et tirent de force vers le haut la nature humaine, en outre ces vertus ont apporté une noblesse d’âme et une dignité qui étaient totalement inconnues aux Arabes de la période préislamique ».
Par ailleurs, l’historien des civilisations Will Durant a dit : « Il semblerait que de manière générale le musulman était plus civilisé que le chrétien dans les échanges commerciaux, c’est ainsi que dans ce domaine le premier respectait plus sa parole que le second ainsi que les engagements contractuels qu’il passait avec autrui. Notons en sus que la plupart des sources occidentales sont d’accord pour affirmer que Saladin (Salâh al-dîn al-Ayyûbî) fut l’homme le plus noble (moralement) ayant pris part aux Croisades. Nous pouvons dire également que les musulmans sont ceux qui se détournent le plus du mensonge, ils n’en usent que pour se sauver d’un danger mortel, en cas de nécessité absolue, pour rendre heureuse leur épouse ou bien dans le cadre d’un conflit armé avec les ennemis de leur religion.
En fait, le bon comportement islamique est un subtil mélange entre l’affectation et la vraie gentillesse, ainsi par exemple la conversation du musulman est pleine de salutations et de formules de politesses en tous genres ; les musulmans ne cessent de se saluer les uns les autres et de se serrer la main, ils se disent donc : « Assalam alaykum » (Que la paix soit sur vous), et la bonne réponse à ce salut est tout simplement : « Wa alaykum assalam wa rahmatullahi wa barakâtuhu ». En outre, une grande hospitalité à l’égard des invités fait partie des caractéristiques connues des musulmans ; par ailleurs, ces derniers sont aussi réputés pour leur amabilité, leur humanité, leur tolérance, leur grande rapidité à comprendre, leur intelligence subtile, une certaine facilité à s’irriter rapidement, leur capacité à laisser facilement la joie entrer dans leur cœur et à se réjouir, leur propension à être heureux avec pas grand-chose, leur capacité à patienter avec calme face aux épreuves, leur grande générosité, leur amour-propre exacerbé ou bien encore leur fierté ».

La miséricorde des musulmans à l’égard des indigents :

Il est fort probable que les Croisades furent le second grand événement que connurent les combattants de l’Islam après les premières grandes conquêtes menées aux quatre coins du monde par les premières générations de musulmans, c’est ainsi que le célèbre orientaliste anglais Thomas Arnold a rappelé dans l’un de ses ouvrages de nombreuses anecdotes et histoires relatant la conversion à l’Islam de Croisés qui étaient à l’origine venus en Orient pour combattre les musulmans ; on peut donc lire par exemple que ces derniers ne trouvèrent personne pour les soutenir et les écouter après toutes les souffrances qu’ils endurèrent pendant la guerre si ce n’est dans les garnisons des musulmans, et c’est ainsi qu’ils furent nombreux à embrasser l’Islam. Il est notable que tous les Occidentaux qui voyagèrent dans le Levant à cette époque constatèrent ce phénomène contre lequel ils étaient impuissants ; toutefois, un prêté nommé Amaury de La Roche, qui était alors le grand maître des Templiers, fut envoyé en Europe en 1266 pour implorer le pape et ses représentants en France et en Sicile d’empêcher « les indigents, les vieux et tous ceux incapables de porter les armes de traverser la mer pour se rendre en Palestine, car une fois sur place ces catégories d’individus étaient soit tuées, soit jetées en prison ou soit elles se laissaient séduire par la religion des Arabes ». Notons que même ceux qui parmi ces derniers n’embrassaient pas l’Islam choisissaient tout de même de rester dans les pays des musulmans sous leur protection, ils étaient des plus satisfaits de leurs nouveaux maîtres.
Signalons que l’orientaliste allemande Zigrid Hanke évoque un document très important écrit par un prisonnier croisé et destiné au prince musulman al-Kâmil al-Ayyûbî après que ce dernier eut un geste noble à l’égard des prisonniers dont certains avaient commis des crimes dans la ville de Damiette, voici ce que nous en dit Hanke : « Lorsque le sultan al-Kâmil eut le dessus sur cette expédition armée en 1221, il se montra magnanime à l’égard des prisonniers, il n’appliqua pas contre eux la loi du Talion, œil pour œil et dent pour dent, bien au contraire il les nourrit alors que ces derniers n’avaient rien mangé depuis quatre longs jours, de plus il fit envoyer tous les jours à leurs armées qui subissaient cette disette plus de 30 000 mille pains ainsi que d’autres denrées alimentaires. C’est ainsi que l’un de ces prisonniers, qui était de Cologne en Allemagne, stupéfait par cette générosité, écrivit une lettre au prince al-Kâmil dont en voici un passage : « Personne n’a jamais entendu à travers les siècles parler d’une telle bienveillance ni d’une telle largesse, et notamment à l’égard de prisonniers considérés comme des ennemis mortels, mais lorsque Dieu a voulu que nous soyons tes prisonniers, nous n’avons pas été les victimes d’un tyran ni d’un maître retors, bien au contraire nous avons vu en toi un père miséricordieux qui nous a traités avec bonté et bienfaisance et nous a aidés alors que nous connaissions de grandes difficultés. Qui alors pourrait douter un instant que cette générosité, cette tolérance et cette miséricorde ne viennent pas de Dieu ? Nous avons tué les pères, les fils, les filles, les frères et les sœurs de ceux qui nous traitent ainsi aujourd’hui, nous leur avons fait goûter les pires supplices, mais lorsque nous sommes devenus leurs prisonniers et que nous étions alors en train de mourir de faim, ils ont sacrifié de leur pain dans un moment difficile et ils ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour se montrer bons envers nous, et ce, alors que nous étions à leur merci totalement affaiblis et impuissants » ».

(A suivre)


Muhammad Ilhâmî
 

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