Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
Louange à Allah, Seigneur des mondes, et que la paix et la bénédiction soient sur le Messager du Seigneur des mondes, ainsi que sur sa famille et l’ensemble de ses compagnons.
Quelle est votre opinion — qu’Allah vous fasse miséricorde — concernant la question suivante :
Est-il permis à une banque islamique ou à un fonds de prêt sans intérêt (qard hasan) d’accorder à ses clients, aux détenteurs de dépôts à terme et aux titulaires de comptes courants, une somme d’argent à titre de récompense, sans en déterminer préalablement le montant, ni l’annoncer, ni que cela soit connu à l’avance, mais selon ce que la banque juge opportun et convenable, afin de les encourager et de les inciter à financer ou à déposer leurs fonds ?
Ou encore, de leur offrir un bien matériel, tel qu’un ordinateur, une machine à écrire ou autre ?
Si la réponse est négative, existe-t-il selon vous une autre voie licite permettant l’encouragement et l’incitation ? Veuillez nous éclairer avec un certain détail et mentionner les preuves, sans vous limiter à une simple réponse par « permis » ou « interdit ».
Qu’Allah vous récompense par le bien.
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Parmi les règles établies de la charia islamique figure l’interdiction pour le prêteur de tirer un avantage du débiteur, en raison du hadith rapporté du Prophète (
) :
« Tout prêt qui entraîne un avantage est un intérêt usuraire (ribâ). » Ce hadith est rapporté par Al-Hârith ibn Abî Usâmah d’après ‘Alî ibn Abî Tâlib, et a été jugé faible par le cheikh Al-Albânî.
Les savants ont toutefois exclu de cette interdiction le cas où l’avantage provient d’une cause autre que le prêt, existante entre les deux parties ou survenue ultérieurement, ou encore lorsqu’une preuve établit que l’intention de l’acte est exclusivement de profiter à l’emprunteur.
Khalîl a dit :
« Il est interdit au débiteur d’offrir un cadeau à son créancier, à moins qu’un usage similaire n’ait existé auparavant ou qu’une cause nouvelle ne soit intervenue… sauf s’il existe une preuve que l’intention est uniquement de faire bénéficier l’emprunteur dans tous les cas. »
Dans Al-Fatâwâ al-Kubrâ, Ibn Taymiyya écrit :
« Le Prophète (
) a interdit au prêteur d’accepter le cadeau de l’emprunteur avant le remboursement, car l’objectif du cadeau est d’obtenir un report du recouvrement, même si cela n’a pas été explicitement stipulé… »
Dans Ghâyat al-Muntahâ — ouvrage de jurisprudence hanbalite — il est dit :
« S’il accomplit, avant le remboursement, un acte comportant un avantage, sans avoir l’intention de le déduire de la dette ni de le rendre en contrepartie, cela n’est pas permis, sauf s’il existait auparavant un usage établi entre eux avant le prêt… »
Les détenteurs de dépôts à terme et de comptes courants sont, dans la plupart des cas, considérés comme des prêteurs vis-à-vis des banques où ils détiennent ces comptes, car les banques tirent profit des sommes déposées, de la même manière qu’un emprunteur tire profit d’un prêt.
Ces dépôts peuvent également être établis sous forme de moudâraba, dans laquelle les déposants perçoivent une part des bénéfices de la banque proportionnelle aux montants déposés. Or, ni le propriétaire du capital dans la moudâraba, ni l’opérateur de la moudâraba ne peuvent offrir un cadeau à l’autre, sauf s’il existe une cause distincte de la moudâraba.
Dans le Mukhtasar de Khalîl, assimilant cela à l’interdiction du cadeau du débiteur à son créancier, il est dit :
« Comme le propriétaire du capital de qirâd et son gestionnaire, même après l’exploitation du capital, selon l’avis prépondérant… »
En conséquence, si ces banques offrent des cadeaux à ceux qui leur prêtent, y déposent leurs fonds ou concluent avec elles des contrats de qirâd, et qu’elles accordent ces incitations dans le but de pérenniser ces opérations, cela n’est pas permis, et il n’est pas licite pour le bénéficiaire de les accepter, qu’il soit client, déposant, titulaire d’un compte courant ou autre.
En revanche, si l’objectif de la banque ou du fonds de qard hasan est uniquement de faire bénéficier ces personnes en tant qu’emprunteurs, ou si ces cadeaux reposent sur d’autres causes ou finalités légales distinctes de l’encouragement des prêteurs — hypothèses toutefois peu probables — alors cela est permis.
C’est cet avis que nous avons retenu ici comme étant le plus prépondérant.
Et Allah sait mieux.
Recherche FatwasVous pouvez rechercher une fatwa à travers de nombreux choix
Le plus lu aujourd’hui